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Journée mondiale de l’environnement

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Plus de 20 ans de carrière, Colonel Ibrahima Gueye, portrait d’un homme engagé pour la nature et les générations futures

Colonel Ibrahima Gueye, Directeur des Parcs Nationaux du Sénégal.

Le parcours du Colonel IG, communément appelé, est celui d’un homme qui a fait de sa passion pour la nature une vocation de toute une vie.

Ingénieur agronome de formation, diplômé de l’École nationale supérieure d’agronomie de Thiès, il a poursuivi son parcours académique avec un Master en sciences de l’environnement et gestion des aires protégées à l’Université Senghor d’Alexandrie. Mais au-delà des diplômes, c’est sur le terrain qu’il a forgé son expérience.

Depuis plus de vingt ans, il œuvre à la conservation de la biodiversité, occupant successivement plusieurs postes stratégiques au sein des institutions de protection de l’environnement au Sénégal et en Afrique de l’Ouest. Conservateur du Parc national des Oiseaux du Djoudj, conservateur adjoint du Parc national du Niokolo-Koba, coordinateur de programmes régionaux de conservation ou encore responsable de la création d’aires marines protégées communautaires, il a accompagné de nombreuses initiatives qui contribuent aujourd’hui à préserver le patrimoine naturel de la région.

Depuis juillet 2024, il dirige la Direction des Parcs Nationaux du Sénégal, avec une ambition claire : renforcer la protection des écosystèmes tout en les mettant au service du développement durable.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous engager dans la conservation de la nature et la gestion des aires protégées ?

Pour le Colonel Gueye, tout a commencé bien avant sa carrière professionnelle.

Originaire du Delta du fleuve Sénégal, il a grandi au milieu des zones humides, des oiseaux migrateurs et des paysages qui font aujourd’hui la renommée écologique du pays. La nature faisait partie de son quotidien.

La nature a bercé mon enfance avant de devenir mon métier.

Colonel Ibrahima Gueye
Directeur des Parcs Nationaux du Sénégal

Après ses études, il débute dans la recherche scientifique. Pourtant, lorsque l’opportunité de rejoindre la Direction des Parcs Nationaux se présente en 2004, il n’hésite pas un instant. Ce choix lui offre la possibilité de mettre ses compétences au service d’une cause qui lui tient profondément à cœur. Vingt ans plus tard, sa motivation reste intacte : protéger le vivant et transmettre ce patrimoine aux générations futures.

Quelle est aujourd’hui la mission principale de la DPN ?

La Direction des Parcs Nationaux a pour mission de préserver l’un des plus grands trésors du Sénégal : son patrimoine naturel.

À travers la gestion des parcs nationaux, des réserves naturelles et des écosystèmes protégés, la DPN veille à conserver la richesse exceptionnelle de la biodiversité sénégalaise.

Mais au-delà de la protection, la mission consiste également à valoriser ces espaces afin qu’ils contribuent au bien-être des populations et au développement du pays. Pour le Colonel Gueye, préserver la nature aujourd’hui revient à garantir les ressources et les opportunités de demain.

Quels sont les principaux défis auxquels la DPN fait face aujourd’hui ?

La conservation de la nature est confrontée à des défis de plus en plus complexes.

Le premier est celui du financement durable des aires protégées. Préserver les écosystèmes nécessite des moyens humains, techniques et financiers importants.

Le deuxième défi concerne l’extension du réseau des aires protégées. Le Sénégal s’est engagé à renforcer ses espaces de conservation afin d’atteindre les objectifs internationaux de protection de la biodiversité.

Enfin, le troisième défi est sans doute le plus important : sensibiliser davantage les citoyens et les décideurs à l’importance de la biodiversité.

Car selon lui, la conservation ne peut réussir que si elle devient une responsabilité collective.

Quel impact ou résultat marquant retenez-vous de votre parcours en matière de conservation de la biodiversité ?

Lorsqu’il évoque ses réalisations, le Colonel Gueye ne cite ni chiffres ni infrastructures.

Sa plus grande satisfaction est d’avoir contribué à créer une dynamique régionale autour de la conservation. Au fil des années, il a participé à la mise en réseau de gestionnaires d’aires protégées, de chercheurs, d’organisations communautaires et de décideurs à travers l’Afrique de l’Ouest.

Cette communauté d’acteurs engagés constitue aujourd’hui une véritable force collective pour faire face aux menaces qui pèsent sur la biodiversité.

Pour lui, la conservation est avant tout une aventure humaine.

Comment la conservation de la biodiversité contribue-t-elle au développement durable du Sénégal ?

Pour le Directeur des Parcs Nationaux, la réponse est simple : il ne peut y avoir de développement durable sans biodiversité.

Les ressources naturelles soutiennent l’agriculture, la pêche, le tourisme, l’approvisionnement en eau et de nombreux autres secteurs essentiels à l’économie nationale.

La biodiversité fournit également des services invisibles mais indispensables, comme la pollinisation des cultures ou la régulation du climat.

Préserver la nature, c’est donc investir dans la sécurité alimentaire, la résilience économique et le bien-être des populations.

Quels bénéfices les populations tirent-elles de la conservation des aires protégées ?

Les communautés vivant autour des aires protégées sont souvent les premières bénéficiaires de leur conservation.

Les parcs fournissent des ressources naturelles essentielles telles que l’eau, le poisson, les produits forestiers ou encore les opportunités liées à l’écotourisme.

Mais leur contribution va bien au-delà.

Autour du Parc national du Niokolo-Koba, par exemple, les insectes pollinisateurs jouent un rôle fondamental dans le maintien de la productivité agricole des communes voisines.

Comment définiriez-vous votre vision pour l’avenir des parcs nationaux du Sénégal ?

Le Colonel Gueye imagine un réseau d’aires protégées moderne, performant et durable.

Sa vision repose sur trois piliers : une gestion efficace, une autonomie financière renforcée et une implication accrue des communautés locales.

Il souhaite que les parcs nationaux deviennent des espaces où conservation, développement local et participation citoyenne avancent ensemble.

Une vision qui place la nature au cœur du développement du Sénégal.

Quelle est votre plus grande source de fierté dans votre carrière de conservateur ?

Parmi les nombreuses réalisations qui jalonnent son parcours, ce dont il est le plus fier est d’avoir inspiré une nouvelle génération d’acteurs de l’environnement.

Au fil des années, j’ai vu de nombreux jeunes choisir les métiers de la conservation après avoir découvert le travail mené dans les parcs nationaux. Je suis également fier d’avoir accompagné l’émergence d’organisations locales qui jouent aujourd’hui un rôle essentiel dans la protection de la biodiversité.

Colonel Ibrahima Gueye,
Directeur des Parcs Nationaux du Sénégal.

Pour lui, la véritable réussite se mesure à ce qui sera transmis aux générations futures.

Quel message adresseriez-vous à la jeunesse africaine à l’occasion de cette Journée mondiale de l’environnement ?

À la jeunesse africaine, le Colonel Gueye adresse un message d’espoir et d’engagement. Selon lui, les prochaines décennies seront déterminantes pour le climat, la biodiversité et l’avenir de nos sociétés. Jamais les jeunes n’ont disposé d’autant d’outils, de connaissances et d’opportunités pour agir.

Les métiers de l’environnement représentent aujourd’hui un formidable champ d’innovation, d’emploi et d’impact.

Son appel est clair :

« N’attendez pas. Engagez-vous dès aujourd’hui pour protéger la nature et construire un avenir durable pour l’Afrique et pour le monde. »