To Plant or Not To Plant – Phase II
Le projet « To Plant or Not To Plant – Phase 2 » est une initiative de restauration écologique et de conservation des mangroves portée par Wetlands International en partenariat avec plusieurs institutions nationales et internationales. Il sera mis en œuvre sur une période de cinq ans, de 2026 à 2030, dans les paysages de Cantanhez et de Cacheu en Guinée-Bissau, avec un financement de 2 millions d’euros du partenaire Greenchoice.
La Guinée-Bissau possède l’un des systèmes de mangroves les plus importants et les mieux préservés d’Afrique de l’Ouest. Ces écosystèmes jouent un rôle essentiel dans la protection des côtes, le stockage du carbone, la préservation de la biodiversité et les moyens de subsistance des communautés locales. Cependant, ils sont aujourd’hui fortement menacés par la déforestation, l’exploitation non durable des ressources naturelles, les changements climatiques, l’élévation du niveau de la mer et l’abandon progressif des rizières traditionnelles de mangrove.
Face à ces défis, le projet vise à renforcer et étendre l’approche de restauration écologique communautaire des mangroves (CBEMR – Community-Based Ecological Mangrove Restoration), déjà expérimentée avec succès lors de la première phase du programme entre 2021 et 2025. Cette approche repose sur la restauration de l’hydrologie naturelle des anciennes rizières abandonnées afin de permettre la régénération naturelle des mangroves, en étroite collaboration avec les communautés locales. Grâce à cette méthode, plus de 2 500 hectares de mangroves ont déjà été restaurés au cours de la première phase du projet.

La deuxième phase du projet ambitionne de restaurer 1 000 hectares supplémentaires de mangroves dans le paysage de Cantanhez, notamment autour de l’île de Komo et dans les zones périphériques du Parc National de Cantanhez et de Cacine. En parallèle, le projet assurera le suivi, l’entretien et la consolidation des sites restaurés depuis 2021 dans les paysages de Cacheu et Cantanhez afin de garantir leur durabilité écologique sur le long terme. Des interventions comme l’ouverture de digues et le creusement de canaux permettront de rétablir les flux d’eau naturels nécessaires à la régénération des mangroves.
Le projet accorde également une place importante au suivi scientifique et communautaire des sites restaurés. Des évaluations annuelles seront réalisées sur le terrain à l’aide de protocoles de suivi écologique, complétées par l’utilisation de drones et d’outils de télédétection développés avec l’organisation Face the Future. Ces systèmes permettront d’évaluer l’évolution des mangroves, leur état de santé et leur capacité de stockage du carbone. L’objectif est qu’au moins 80 % des sites restaurés soient considérés comme « en bonne trajectoire » d’ici 2030.
Au-delà de la restauration écologique, le projet cherche à renforcer la conservation de la biodiversité et des espèces emblématiques présentes dans le paysage de Cantanhez. Le Parc National de Cantanhez abrite une biodiversité exceptionnelle, comprenant notamment des chimpanzés d’Afrique de l’Ouest, des colobes rouges de Temminck, des éléphants, des hippopotames, des dauphins à bosse de l’Atlantique ainsi qu’une grande diversité d’oiseaux migrateurs et d’espèces aquatiques. Le projet soutiendra la mise en œuvre du plan de gestion du parc à travers des activités de surveillance, de suivi écologique, de lutte contre le braconnage et de sensibilisation communautaire.

L’éducation environnementale constitue également un axe majeur du programme. Le projet appuiera les clubs scolaires de mangrove existants et favorisera la création de nouveaux clubs afin de sensibiliser les jeunes générations à l’importance des écosystèmes côtiers. Des campagnes de communication, des émissions radios communautaires, des événements locaux et des publications permettront de diffuser les bonnes pratiques de restauration et de conservation à l’échelle nationale.

Le volet socio-économique du projet vise à améliorer durablement les conditions de vie des communautés locales tout en réduisant la pression exercée sur les mangroves. Le projet renforcera les groupes d’épargne et de crédit communautaires, principalement dirigés par des femmes, afin de soutenir des activités génératrices de revenus compatibles avec la conservation des mangroves. Ces activités comprennent notamment la riziculture durable, le maraîchage, l’apiculture, l’ostréiculture, la transformation artisanale de produits locaux, la production d’huile de palme traditionnelle, la fabrication de savon, la pêche artisanale et d’autres activités économiques durables.
Le projet prévoit également de renforcer les capacités des ONG locales et des organisations communautaires afin qu’elles puissent assurer la continuité des actions de restauration et de développement après la fin du financement. Des formations seront organisées sur la gestion de projets, la gouvernance associative, la mobilisation de financements et les techniques de restauration écologique. Des échanges d’expériences entre communautés de Guinée-Bissau et de Casamance au Sénégal permettront également de partager les bonnes pratiques régionales.

Au niveau national, le projet contribuera au renforcement de la plateforme nationale des mangroves PLANTA et soutiendra l’amélioration des politiques publiques liées à la restauration et à la protection des écosystèmes côtiers. Il participera également au développement d’une vision stratégique commune pour le paysage de Cantanhez afin de faciliter l’extension future des actions de restauration et de conservation à grande échelle.
Enfin, le projet devrait générer un impact climatique majeur grâce à la séquestration du carbone par les mangroves restaurées. Les estimations indiquent que l’ensemble du programme pourrait permettre de stocker plus de 461 000 tonnes de CO₂ d’ici 2055, renforçant ainsi la contribution de la Guinée-Bissau à la lutte contre les changements climatiques. À travers cette initiative, Wetlands International et ses partenaires ambitionnent de faire de la Guinée-Bissau un modèle régional et international de restauration communautaire des mangroves, conciliant conservation de la biodiversité, résilience climatique et développement durable des communautés côtières.
Soutenu par :
Notre travail de restauration et de conservation des mangroves en Guinée-Bissau est soutenu par les contributions de Otter Fonds, Tűring Foundation, COmON Foundation, Waterloo Foundation, Greenchoice, Salesforce, DOB ecology et la loterie néerlandaise Postcode Loterij.
Zones d’intervention : Cantanhez, Cacheu
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