270 hectares de mangroves restaurés à Cantanhez , le grand challenge de WIACO pour la Guinée-Bissau en 2026
Du 26 août au 10 septembre 2026, Wetlands International Afrique et ses partenaires relèvent un défi majeur en Guinée-Bissau : accompagner la restauration de 270 hectares de mangroves avec les communautés, en misant sur la Restauration Naturelle Assistée.
Derrière ces 270 hectares se cache une ambition bien plus grande : permettre à un écosystème essentiel de retrouver progressivement sa capacité à protéger les sols et les côtes, abriter la biodiversité, stocker du carbone et soutenir les moyens de subsistance des communautés qui en dépendent.

Restaurer sans forcément planter
Depuis plusieurs années, Wetlands International privilégie une approche écologique fondée sur la Restauration Naturelle Assistée (RNA). L’idée est simple : plutôt que de remplacer systématiquement ce qui a disparu par des nouveaux plants artificiels, il s’agit d’abord de donner à la nature les conditions nécessaires pour se régénérer.
Sur les sites dégradés, les équipes travaillent avec les communautés pour identifier les obstacles qui empêchent la mangrove de reprendre naturellement. Il peut s’agir de conditions hydrologiques défavorables ou d’autres facteurs qui limitent la croissance des propagules et des jeunes plants. L’intervention consiste alors à lever ces obstacles et à accompagner les processus naturels déjà à l’œuvre. La mangrove possède ainsi ses propres capacités de régénération. La RNA cherche à les renforcer plutôt qu’à les remplacer.

La restauration ne s’arrête pas après l’intervention
Faire revenir la mangrove est une étape. S’assurer qu’elle puisse continuer à se développer en est une autre. La réussite d’une restauration ne peut donc pas être mesurée immédiatement après les interventions. Le suivi dans le temps est essentiel pour observer la régénération naturelle, la survie et la croissance des jeunes plants ainsi que l’évolution des sites restaurés.
Cette observation permet de comprendre ce qui fonctionne, d’adapter les interventions et de mieux accompagner les écosystèmes dans leur trajectoire de restauration.

Des communautés au cœur de la restauration
De la mobilisation à l’identification des sites, en passant par les interventions et le suivi des zones restaurées, les communautés participent au processus. Elles ne sont donc pas seulement bénéficiaires des actions. Elles sont aussi actrices de la restauration et de la protection des écosystèmes dont dépendent leurs territoires et leurs moyens de subsistance.
Cette implication est essentielle pour inscrire la restauration dans la durée. Elle permet de rapprocher les connaissances techniques des réalités locales, de renforcer l’appropriation des pratiques et de construire une vision partagée de la protection de la mangrove.

Une restauration portée par plusieurs acteurs
Dans le Parc national de Cantanhez et ses périphéries, cette campagne est menée avec l’IBAP, à travers le Parc national de Cantanhez (PNC), ainsi qu’avec REDE AGIR, AJUTS et PRO-ATIVOS.
Cette collaboration permet de renforcer la mobilisation communautaire, la coordination des interventions et le suivi des activités.
La campagne 2026 s’inscrit dans la mise en œuvre de deux programmes : To Plant or Not to Plant – Phase II (TPNTP II) et Mangrove Capital Africa IV (MCA IV). Les 270 hectares ciblés représentent une étape importante. Mais l’enjeu ne se résume pas à une superficie restaurée.
C’est aussi laisser la nature reprendre sa place, accompagner sa régénération et donner aux communautés les moyens de devenir les gardiennes de cet écosystème.