Restaurer les habitats pour renforcer la résilience du paysage Dulombi–Boé–Tchetche
Au cœur du paysage transfrontalier Niokolo–Badiar–Dulombi–Boé, partagé entre le Sénégal, la Guinée et la Guinée-Bissau, la restauration des écosystèmes dégradés constitue un enjeu majeur pour préserver la biodiversité et renforcer la résilience des communautés qui dépendent directement des ressources naturelles.
C’est dans cette perspective que s’inscrit le Programme Intégré pour la Conservation, la Valorisation Économique et la Résilience Transfrontalière du paysage Niokolo–Badiar–Dulombi–Boé (PICVERT), mis en œuvre dans le cadre de l’initiative NaturAfrica et financé par l’Union européenne. Le programme vise à concilier la conservation de la biodiversité, la gestion durable des ressources naturelles et le développement économique inclusif, tout en renforçant la coopération entre les trois pays.
Dans le cadre de ce programme, Wetlands International Afrique accompagne les efforts de restauration écologique en Guinée-Bissau, en mettant notamment l’accent sur les solutions fondées sur la nature et l’implication des communautés locales.

75 hectares restaurés dans le complexe Dulombi–Boé–Tchetche
Du 4 au 11 août 2026, une campagne de restauration a été menée dans les villages de Tchetche et Guiledje, au sein du complexe Dulombi–Boé–Tchetche (DBT).
L’intervention a permis de restaurer 75 hectares d’habitat dégradé, répartis entre 41 hectares à Tchetche et 34 hectares à Guiledje, grâce à la mise en terre de 3 501 plants d’espèces adaptées aux conditions écologiques locales.
Cette opération vise à reconstituer progressivement le couvert végétal, améliorer la protection des sols et créer des conditions favorables au maintien et au retour de la biodiversité. Elle contribue également à préserver les fonctions écologiques essentielles des paysages, notamment la régulation des ressources en eau et le maintien des habitats naturels.
Dans un contexte marqué par les effets du changement climatique et la pression croissante sur les ressources naturelles, la restauration des habitats dégradés représente ainsi un moyen concret de renforcer la capacité des écosystèmes à faire face aux perturbations.

Une restauration construite avec les communautés
La réussite d’une action de restauration ne dépend pas uniquement des interventions réalisées sur le terrain. Elle repose également sur l’engagement des populations qui vivent au quotidien dans ces paysages.
À Tchetche et Guiledje, les communautés locales ont été associées aux différentes étapes de la campagne à travers des journées de plantation, des séances de sensibilisation et des formations sur l’entretien et la protection des jeunes plants.
Cette approche participative permet de renforcer les connaissances locales et de favoriser une appropriation durable des actions de conservation. Elle reconnaît également le rôle essentiel des communautés dans la protection des ressources naturelles dont elles dépendent.

Préserver les sites restaurés sur le long terme
La mise en terre des plants marque le début d’un processus qui nécessite un suivi régulier et une protection continue.
Afin de consolider les résultats obtenus, des comités de conservation communautaires sont mis en place pour participer à la surveillance des sites, contribuer à la prévention des coupes illicites de bois et suivre l’évolution des plantations.
Cette implication locale doit permettre d’améliorer la survie des plants et de favoriser, au fil du temps, la régénération naturelle des espaces restaurés.
Une action locale au service d’un paysage transfrontalier
Les écosystèmes du complexe Niokolo–Badiar–Dulombi–Boé sont étroitement connectés. Les espèces, les habitats, les ressources en eau et les dynamiques écologiques dépassent les frontières administratives.
La restauration engagée à Tchetche et Guiledje s’inscrit donc dans une démarche plus large visant à préserver l’intégrité écologique de ce paysage partagé entre plusieurs pays.
À travers PICVERT, les institutions, organisations de conservation et communautés locales travaillent ensemble pour renforcer la gestion durable des ressources, favoriser le partage des expériences et construire des réponses communes aux défis environnementaux.

Wetlands International Afrique, un engagement en faveur de la résilience
À travers sa participation au projet PICVERT, Wetlands International Afrique contribue à promouvoir une conservation qui associe restauration écologique, participation communautaire et renforcement de la résilience des territoires.
Les résultats obtenus à Tchetche et Guiledje — 75 hectares d’habitats restaurés et 3 501 plants mis en terre — constituent une étape importante dans cette dynamique.
Cette activité est mise en œuvre par Wetlands International Afrique dans le cadre du projet PICVERT, financé par l’Union européenne à travers l’initiative NaturAfrica, sous le pilotage de l’UICN, en partenariat avec l’IBAP et Palmerinha.
Au-delà des chiffres, cette intervention traduit une ambition commune : restaurer les écosystèmes, renforcer leur capacité à faire face aux changements et permettre aux communautés de continuer à bénéficier durablement des richesses naturelles de leur territoire.